JEAN YANNE, Bach to Twist

avec Aimée Leballeur
Fred Ferrand
Valérian Renault

Pendant plus de quarante ans, Jean Yanne s’est promené en homme libre dans le paysage radiophonique, télévisuel et cinématographique français.
Un esprit frondeur, cogneur parfois, tendre toujours.
Le répertoire de Jean Yanne, c’est l’improbable tentative de réconciliation des contraires :
le clergé et le monde ouvrier, Jean-Sébastien Bach et les yéyés, les flics et la philo, la télé et l’intelligence, le rire et la mélancolie…
Bach to Twist est un cocktail Yannesque de chansons et de textes pour célébrer l’absurde et fustiger la bêtise, une fantaisie régénérante et iconoclaste servie par Fred Ferrand, Valérian Renault et Aimée Leballeur au son de l’accordéon et de la guitare électrique.
« Je me presse de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer. »

                                               Beaumarchais

MagCentre : Twist Again

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Bien loin du “revival” pour maison de retraite, le spectacle proposé par le trio Aimée Leballeur-Fred Ferrand-Valérian Renault  est une véritable plongée en chansons dans l’univers d’un pléthorique provocateur qui développa pendant quarante ans un redoutable cynisme dialectique, désarticulant par la dérision tous les poncifs d’une société dont l’archaïsme se fissurait de partout. Bien sûr, beaucoup de personnages du petit monde de Jean Yanne ont disparu, de l’ouvrier P3 au curé Albert  qui fait l’amour en soutane (encore que…) en passant par le militaire, mais cet esprit iconoclaste nous explose (de rire) à la figure et tout un chacun retrouve dans notre monde contemporain bien des remplaçants tout désignés.

Tout le monde défend la planète, mais y’a pas grand monde pour descendre les poubelles !” Jean Yanne

Parce que si tout dans l’immense œuvre de Jean Yanne ne mérite pas de passer à la postérité (encore que l’inclassable film “Les Chinois à Paris” puisse retrouver un jour une certaine actualité…), le choix de chansons et de textes proposé par le spectacle “Bach to twist” préserve intact l’esprit d’un agitateur provocateur dont la verve et le goût de cette provocation grinçante continue de nous faire rire.

Il faut dire que le talent des trois interprètes est à la hauteur d’un défi chansonnier qui enchaîne dans un rythme endiablé (normal pour Jean Yanne) les morceaux  choisis, du plus loufoque “La plus belle femme du monde” au plus touchant “la gamberge des vingt berges”, sans oublier l’inoxydable cynisme de “Tout le monde il est beau” qui fait l’ouverture du spectacle: un récital à ne pas manquer pour les amoureux du rire et du verbe !

Car finalement, cet esprit de dérision, qui est souvent le début de la raison, ne manque-t-il pas cruellement à notre monde soumis à un politiquement correct qui mériterait bien une petite cure de provocation pour se remettre  à réfléchir ?…

GP

Chroniques ovales : Tout le monde il est beau

A LA LUMIÈRE D’UNE CHANDELLE.

TOUT LE MONDE, IL EST BEAU …

27 DÉCEMBRE 2018

Rédigé par C »Nabum et publié depuis Overblog

Un immense spectacle.

« Bach to Twist »

J’ai eu l’honneur d’assister à la première représentation d’un spectacle exceptionnel autour de l’œuvre de Jean Yanne. Trois artistes aux talents multiformes se sont retrouvés pour nous faire découvrir ou redécouvrir le répertoire d’un auteur trop souvent catalogué dans la catégorie humoriste aux gros sabots. C’est ainsi que grâce à la qualité d’un travail scénographie et musical à vous couper le souffle, nos trois amis nous ont montré l’immense richesse de ce grand monsieur.

Comment vous donner envie de vous laisser transporter par ces trois là ? La chose n’est pas aisée car il faut bien admettre qu’ils multiplient les handicaps. Ils ne sont pas parisiens, ne passent pas sur les plateaux télévisions, habitent une métropole où les commanditaires de la culture n’ont d’yeux que pour la Capitale tandis que la presse régionale ne fait des gorges chaudes que des spectacles à succès qui viennent d’ailleurs.

J’ai l’envie irrépressible de vous convaincre de partager ce moment de bonheur. Vous allez rire, vous extasier, vous interroger, vous agacer parfois. L’humour de Jean Yanne est grinçant, acide, piquant, décalé et en cela il demeure d’une actualité sidérante. Comme de plus, nos chanteurs, acteurs, musiciens font assaut de virtuosité pour mettre en lumière la subtilité et l’inventivité du personnage, vous ne pourriez que rester sous le charme si ce bonheur vous était proposé dans votre ville.

Alors c’est à vous, admirateurs de Jean Yann ou simple passionnés de la culture vivante, du spectacle décapant de solliciter vos centres dramatiques, vos élus, vos responsables de programmation d’oser sortir des circuits pré-mâchés. Bien sûr, cela demande énergie et conviction pour parvenir à révéler cette jeune association « Loges production » animée par l’inusable découvreur de la chanson française Pierre Perrault.

Que vous dire du spectacle sans le dévoiler ? C’est bien là la difficulté car les surprises sont si nombreuses, les sketches magnifiquement joués par l’un de nos acolytes ou bien les trois ensemble, les chansons si subtilement scellées, si parfaitement interprétées que vous en resterez tout comme les heureux spectateurs de cette première, sans voix. Aujourd’hui, pour donner envie, il suffit de tout montrer, de filmer, de voler des images qui poussent alors à oser découvrir sans prendre le risque de la découverte et de la surprise.

Oubliez ces habitudes détestables. Faites-moi confiance. Sur scène, ces trois là méritent que vous bousculiez vos habitudes pour les découvrir si par hasard vous ne les connaissez pas encore. Il y a d’abord Aimée Leballeur, chanteuse incroyable, torrent d’énergie, espiègle au possible, capable de toutes les prouesses vocales, mutine et coquine. Elle aurait plu à Jean Yanne, c’est certain. Il y a encore Valérian Renault , un talent pur, un joyau de la chanson, une capacité de faire de sa voix un instrument dont il maîtrise toutes les tonalités. On le découvre aussi, un acteur d’exception, ce qui ne fait qu’ajouter à sa palette. Puis il y a le très discret Fred Ferrand qui cette fois, sort de sa réserve, ose la chanson et le jeu sans rien retirer à sa virtuosité unique à l’accordéon. Il se révèle là comme un grand de la scène, lui qui aimait à se cacher derrière son art incomparable de l’instrument.

Ce moment est une parenthèse enchantée, une plongée dans le passé qui en dit tellement sur notre présent que vous en sortirez estomaqués. C’est d’une précision remarquable, les enchaînements sont parfaits, les duos aux petits oignons, les trios diaboliquement rythmés. Il y encore la productrice Anne-Elise Redeuil que vous ne manquerez pas de contacter pour profiter à votre tour de ce moment rare et pétillant.